Articles Tagués ‘Hollywood’

jim truly

Dans les années 20 et 30, Jim Tully était une célébrité nationale, connu aussi bien en tant que romancier pionnier, journaliste au titre et comparse de Charlie Chaplin, que pour avoir mis son poing dans la tronche d’une grande star du cinéma a l’occasion du Brown Derby. Tully était un contributeur important à “Vanity Fair” et au “American Mercury” de H.L. Mencken, mais dès la fin des années 1940, il était tombé dans l’oubli.

J’ai vécu dans plus d’un bordel où les rebuts de la vie trouvaient refuge. J’ai fraternisé avec les épaves humaines dont les mains tremblaient comme celles de Parkinsoniens,… avec des dégénérés et des pervers, souillés et pouilleux, avec des drogués tellement accrocs qu’ils se shootaient des seringues d’eau dans les bras afin de calmer leurs douleurs sauvages.

Jim Tully

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bukowski

La boxe, ça me plaisait. D’une certaine manière, ça me rappelait l’écriture. On avait besoin des mêmes choses : de talent, de tripes et de condition. Seulement là, la condition était mentale, spirituelle. On n’était pas écrivain. On le devenait chaque fois qu’on se mettait devant sa machine. Et une fois installé, ce n’était pas si difficile que ça. Mais ce qui l’était parfois, c’était de trouver le siège qui convenait et de s’y asseoir. Il arrivait cependant qu’on ne le puisse pas. Comme pour tout le monde, des obstacles venaient se placer en travers de votre chemin : petits ennuis, gros ennuis, claquements de portes et autres bruits continuels. Il fallait être en condition pour affronter ce qui essayait de vous détruire. C’est ce message que je recevais en regardant les combats de boxe, en regardant les chevaux courir ou la façon dont les jockeys ne cessaient de vaincre la malchance, les chutes sur la piste et les petites horreurs quotidiennes hors de la piste. J’écrivais sur la vie, ahaha ! Mais ce qui m’étonnait, c’était le courage immense de certains gens qui vivaient cette vie-là. Ça m’aidait à continuer.

Charles Bukowski, Hollywood (extait).

Texte reproduit à la santé de l’auteur.

Win Some, lose some

Un homme sans âge s’éveille dans une chambre d’hôtel crasse. Il sort, esquisse un pas de danse sur le boulevard. Il remonte dans sa chambre chercher son sac de sport : c’est décidé, il reprend l’entraînement.

Ainsi débute Fat City, réalisé en 1972 par John Huston, âgé de 66 ans à l’époque. Le cinéaste à la filmographie longue comme les états de service d’un boxeur d’avant-guerre (The asphalt jungle, Moby Dick, The man who would be king, au hasard) annonce, en racontant une histoire de boxe, la couleur du réalisme sublimé propre à la génération hollywoodienne alors en éclosion : Coppola, Cimino, Malick, Schatzberg.

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