Articles Tagués ‘Zaïre’

Un entretien réalisé par Helmut Sorge et tiré du livre Greatest of all time, éditions Taschen, 2003.

Foreman parle d’Ali et de « Rumble in the Jungle » – 1/3

Foreman parle d’Ali et de « Rumble in the Jungle » – 2/3

Diriez-vous qu’il vous a battu physiquement et mentalement ?

Physiquement, je me suis fait tabasser. Une, deux, boum. Fin de la discussion. Bien entendu, une fois le combat terminé, on cherche des excuses. Les cordes étaient trop lâches. Le tapis n’était pas bien tendu. On a mis des trucs dans la bouffe. Mais à quoi ça rime ? Pure jalousie. Il était grand, voilà tout. On ne pouvait pas le terrasser physiquement. Alors les gens on essayé de ternir son succès.

Quelle importance revêtait pour vous la couronne mondiale des poids lourds ?

Quand je l’ai perdu, c’était comme si j’avais perdu la virilité, ma masculinité, mon identité.

Votre identité ?

Bon, d’accord, le sens de moi-même. Quelque chose se passe quand l’arbitre soulève votre bras et dit : « Champion du monde ! » Cela vous transforme spirituellement. Vous grandissez dans le rôle du champion du monde, sachant que vous êtes l’homme le plus coriace, le plus fort du monde. Le champion. Le chef. Ca flatte votre vanité. Puis, soudain, on vous enlève le titre. Et les mêmes personnes, qui vous craignaient et vous respectaient, se mettent tout d’un coup à vous plaindre. « Pauvre George« , disent-ils pour vous consoler. « Ne t’en fais pas, un jour tu récupéreras ton titre« . Je me sentais détruit, émasculé. (suite…)

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Un entretien réalisé par Helmut Sorge et tiré du livre Greatest of all time, éditions Taschen, 2003.

Foreman parle d’Ali et de « Rumble in the Jungle » – 1/3

Au premier round, pas de KO. Au deuxième, rien. Ali est toujours debout à la fin du troisième round. C’était frustrant ?

Je n’arrêtais pas de le cogner, je veux dire de le cogner vraiment. Dans le troisième, il était prêt à se coucher, il n’y avait pas d’issue. En tout cas, c’est ce que je me disais. Quand la cloche a sonné, il m’a lancé un de ces regards comme s’il voulait dire : « Je suis toujours là chéri, t’as pas autre chose ? » C’est là que je me suis rendu compte que ça ne se passait pas comme je l’avais escompté. Je l’avais frappé fort – vraiment fort, et il a dû avoir mal. Mais il avait encaissé les coups, il avait laissé passé la tempête. Il était de plus en plus confiant. Je pouvais le lire dans ses yeux.

Dans son livre « More Than a Champion : The Style of Mohamed Ali« , Jan Philipp Reemtsma écrit que « chaque coup qui manquait de mettre Ali KO était pour vous un pas de plus vers la défaite ».

D’une certaine manière, c’est correct. Je n’ai pas lancé un seul coup destiné uniquement à préparer le prochain. Mais chaque fois que je le touchais sans parvenir à en finir, j’avais l’impression de m’épuiser en vain, comme si je venais de courir 10 kilomètres pour rien. Tout ça pour rien. J’ai commencé à me sentir fatigué, épuisé, mais je ne pouvais relâcher la pression ni reculer, car Ali se serait tout de suite rendu compte que je manquais de souffle. Donc j’ai à nouveau tout tenté au huitième round. J’ai balancé un coup dévastateur qui a manqué sa cible et j’ai perdu l’équilibre. J’ai basculé, le menton en avant, et j’ai atterri en plein sur son poing. Boum. Fini. J’étais par terre. (suite…)

Un entretien réalisé par Helmut Sorge et tiré du livre Greatest of all time, éditions Taschen, 2003.

Mr Foreman, Mohamed Ali souffre du syndrome de Parkinson…

Il souffre, oui, mais il continue à se battre. Pour moi, c’est un héros. Il le restera toujours.

Vous fait-il de la peine ?

Non. Je suis jaloux de lui, comme j’étais jaloux de lui il y a 30 ans. Quel homme ! Je me souviens de lui à Atlanta, allumant la flamme olympique d’une main tremblante. Comment ne pas admirer un homme pareil ? Il n’a pas couru et ne s’est pas caché, il a affronté le mal en face. Il est le plus grand athlète que j’ai rencontré.

Il y avait un temps où vous le haïssiez.

C’était parce que je voulais désespérément lui ressembler. Et je n’y arrivais pas. Montrez-moi un seul boxeur qui n’aimerait pas être admiré et respecté comme Mohamed Ali. Quand nous nous sommes affrontés en Afrique, j’étais incroyablement concentré, car je me disais que si je le battais tout ce respect et cette admiration allaient déteindre sur moi. J’étais confiant – très sûr de moi. Deux, trois rounds, puis ce serait fini. (suite…)

Il y a quelques semaines, Philippe Labro a rendu un bel hommage à Mohamed Ali dans Le Figaro. En voici la retranscription.

Mohamed Ali a eu 70 ans la semaine dernière (…). Ali. Grâce à un excellent « papier » d’un confrère, Bertrand-Régis Louvet (le 17 janvier dernier dans Le Parisien) à propos des 70 ans de Mohamed Ali, a resurgi dans ma mémoire la vie extraordinaire de ce boxeur, né Cassius Clay, dans le Kentucky. Aujourd’hui, celui qui fut le « Roi », le plus grand, l’inégalable pugiliste, devenu icône et idole, souffre d’un grave Parkinson et n’apparaît pratiquement plus en public. L’ancien champion du monde des poids lourds a perdu tout ce qui faisait son exception : la vitesse d’élocution, la vivacité du discours, la souplesse du corps. Il était unique, Ali, dans ses 20 et 30 ans : il « flottait comme un papillon et piquait comme une guêpe », selon sa propre formule, déconcertant ses adversaires, dansant sur le ring comme personne ne l’avait fait avant lui, car il possédait, malgré son mètre quatre-vingt-seize et ses quatre-vingt-dix-huit à cent dix kilos (selon les moments), une légèreté de déplacement, une fluidité de mouvements qui faisaient plus penser à Fred Astaire ou Gene Kelly qu’à n’importe quel autre poids lourd. (suite…)

Ali et Foreman sur France Inter

Publié: 10 mars 2011 par Nicolas Zeisler dans On se cultive
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Les inrocks hier (« Fighter » vs. « Boxing Gym » : les Inrocks ont fait tout le boulot), France Inter aujourd’hui : le raz-de-marée médiatique du noble art continue…

Du rab : Octobre 1974, Ali s’entraîne au Zaïre.

Octobre 1974, Ali s’entraîne au Zaïre

Publié: 30 novembre 2010 par Nicolas Zeisler dans Old school
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Muhammad Ali v George Foreman

Octobre 1974, Kinshasa, Zaïre.

Mohamed Ali (44 victoires, 2 défaites à l’époque) se prépare à affronter le champion du monde des poids lourds, George Foreman (40 victoires, 0 défaites).

Ce dernier part largement favori : plus jeune, plus fort. Il est invaincu et a remporté 37 de ses 40 combats par KO. Ali, de son côté, a 32 ans et ses dons de virtuose se sont érodés pendant la longue période d’inactivité forcée liée à son refus de combattre au Vietnam.

Avant de se rencontrer, Foreman et Ali se sont mesurés à deux autres grands poids lourds de l’époque : Ken Norton et Joe Frazier. Foreman, expéditif, les a massacré en deux rounds. Ali, lui, s’est battu deux fois contre chacun des deux hommes. Pour le même résultat : une victoire et une défaite, obtenues dans la difficulté.

Pendant sa préparation, Ali affiche pourtant une étonnante confiance. Sur les images de la BBC, on le voit sauter à la corde, travailler au sac, faire du sparring et surtout parler, invectiver, hurler. (suite…)