Articles Tagués ‘sociologie de la boxe’

Pour bon nombre de non initiés, la boxe est une tragique régression vers les plus bas instincts de l’homme. Deux brutes qui se tapent dessus. Charmante image d’Epinal. Et pourtant…

Certes personne ne niera que la violence est indissociable de l’activité pugilistique mais – surprise – ceux qui la pratiquent se rapprochent plus des stratèges que des sauvages. La raison est simple : entre les cordes le premier à perdre son sang froid est immédiatement châtié par son adversaire.

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Mike Tyson, Julio Cesar Chavez, Jean-Marc Mormeck, Mayar Monshipour, Christophe Tiozzo…à croire que les boxeurs n’ont pas la retraite facile. Qui n’a pas vu son ancien champion effectuer un retour catastrophique sur les rings ? Certes, certains s’en tirent relativement bien, à l’expérience. D’autres, la majorité, mettent en péril leur santé comme leur trace dans l’histoire du noble art. Pourquoi ?

D’abord l’adrénaline. Celle de l’arrivée sur le ring sous les vivats de la foule. Celle des premiers coups échangés. Il y a bien l’alcool et la drogue mais en fin de compte c’est bien peu de choses face à l’émotion du combat.

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corps et âmeLoïc Wacquant est sociologue. En 1988, novice, il s’inscrit dans un club de boxe du quartier noir de Chicago. Il s’y entraînera quasi quotidiennement pendant trois ans et en tirera Corps et âme, sorte de « carnet ethnographique » ou tableau du quotidien des boxeurs de Chicago et de leur difficile environnement.

Une forge : c’est là où le boxeur construit ce « corps-arme et armure » qu’il s’apprête à lancer dans l’affrontement sur le ring. C’est là où se polissent l’habileté technique et stratégique. Enfin, c’est là où s’entretiennent la flamme du désir pugilistique et la croyance collective dans la supériorité des valeurs indigènes sans lesquelles les combattants ne se risqueraient pas sur le quadrilatère.

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