Articles Tagués ‘Norman Mailer’

L’enfant Mike boit les paroles de Cus l’ancien…

Le Convention Hall d’Atlantic City est à la boxe ce qu’un hall de banque est au combat de coqs : vraiment pas le lieu idéal. C’est ici qu’en 1954 Lyndon Johnson fut désigné candidat démocrate pour l’élection présidentielle. Deux gros plans de son visage encadraient la tribune sur vingt mètres de haut. La salle faisait penser au couronnement d’un dictateur.

Aujourd’hui, en cette nuit du 27 Juin 1988 on avait installé des milliers de sièges sur l’immense plancher. Rien qu’au dix-septième rang, les gens avaient payé quinze cents dollars pour assister au championnat du monde des poids lourds, Tyson contre Spinks.

Le match n’en finissait pas de commencer. On présentait chaque célébrité pendant un quart d’heure et cela consolait tous les joueurs de casino qui avaient investi à la dernière minute une partie de leurs gains dans un billet pour une place tout au fond. Suivre un combat de boxe après le dix-septième rang, c’est comme observer par la fenêtre un couple en train de faire l’amour de l’autre côté de la rue. (suite…)

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Il y a quelques semaines, Philippe Labro a rendu un bel hommage à Mohamed Ali dans Le Figaro. En voici la retranscription.

Mohamed Ali a eu 70 ans la semaine dernière (…). Ali. Grâce à un excellent « papier » d’un confrère, Bertrand-Régis Louvet (le 17 janvier dernier dans Le Parisien) à propos des 70 ans de Mohamed Ali, a resurgi dans ma mémoire la vie extraordinaire de ce boxeur, né Cassius Clay, dans le Kentucky. Aujourd’hui, celui qui fut le « Roi », le plus grand, l’inégalable pugiliste, devenu icône et idole, souffre d’un grave Parkinson et n’apparaît pratiquement plus en public. L’ancien champion du monde des poids lourds a perdu tout ce qui faisait son exception : la vitesse d’élocution, la vivacité du discours, la souplesse du corps. Il était unique, Ali, dans ses 20 et 30 ans : il « flottait comme un papillon et piquait comme une guêpe », selon sa propre formule, déconcertant ses adversaires, dansant sur le ring comme personne ne l’avait fait avant lui, car il possédait, malgré son mètre quatre-vingt-seize et ses quatre-vingt-dix-huit à cent dix kilos (selon les moments), une légèreté de déplacement, une fluidité de mouvements qui faisaient plus penser à Fred Astaire ou Gene Kelly qu’à n’importe quel autre poids lourd. (suite…)