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Nicolino Locche, l’oeil du pitre

Publié: 7 juillet 2013 par Nicolas Zeisler dans C'est notre pote
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Nicolino Felipe Locche naît le 2 décembre 1939 à Tunuyan. À 9 ans, il pousse la porte du Mocoroa Boxing Club de Francisco Paco Bermudez. À 13, boxeur amateur, il crapote sa première cigarette. 122 assauts plus tard, il défie l’obscur Luis Garcia sur un non moins obscur ring de Mendoza. À 19 ans Locche remporte son premier combat professionnel.

C’est la conquête de Buenos Aires, la découverte du Luna Park. Pour marquer le coup, il change de marque : « Philip Morris, la cigarette de l’homme d’action ».

Punch de moustique, calvitie naissante, il aligne les succès. En 1961, il repousse Jaime Gine du droit pour se moucher du gauche. Le nez dégagé, il devient champion d’Argentine. (suite…)

Madrid, 1983, un certain Antonio Trilla croise Julio Cortazar à la terrasse d’un café.

Rayuela est paru en 1963 faisant de lui le plus grand écrivain argentin du XXème siècle. Passionné de boxe, il a également écrit un texte sublime, Torito, en hommage à Justo Suarez « El Torito de Mataderos« , l’idole du pays au tournant des années 30.

Le journaliste profite de l’aubaine et lui propose de discuter 15 minutes sur deux de ses grandes passions, le jazz et la boxe. Cortazar accepte. Extraits.

Pourquoi et comment t’es-tu intéressé à la boxe ?

Je ne me suis jamais posé la question, je m’intéresse à la boxe depuis tout petit. Tu sais, en Argentine, la boxe est un sport très populaire. Quand j’étais petit, nous avions un grand champion, le poids lourd Luis Angel Firpo, qui a eu une carrière extraordinaire. Il a combattu aux Etats-Unis, et disputé le titre de champion du monde des lourds à l’américain Jack Dempsey, en 1923. Dempsey était un grand champion et il a fini par battre Firpo. Mais au 3ème round, Firpo l’a mis KO ; l’arbitre et le public l’ont aidé à se relever. Techniquement, Firpo avait gagné le combat et Dempsey aurait dû être disqualifié. Mais le combat a continué et Dempsey a battu Firpo. J’avais neuf ans et cela a été une véritable tragédie nationale. Le pays a eu le sentiment de s’être fait voler la victoire. Certains ont même demandé à ce que l’on rompe les relations diplomatiques avec les Etats-Unis. Ce combat a été à l’origine de ma passion pour la boxe. J’avais été très impressionné par ce qui était arrivé à Firpo et j’avais commencé à m’intéresser à ce sport qui, à l’époque, occupait beaucoup d’espace médiatique. Je lisais tout ce qui se publiait sur la boxe et j’écoutais les retransmissions des combats importants à la radio. Evidemment, comme je vivais dans une maison pleine de femmes, personne ne voulait m’emmener voir un combat. (suite…)

Il y a deux types de combattants : le boxeur et le puncheur.

Le puncheur

Il soulève l’enthousiasme des foules massées près du ring. Son punch répand le KO tant attendu. On se souvient de lui. Fatigué, dominé, le frappeur sait qu’il a dans les poings la puissance pour abréger le combat à tout moment.

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Si c’est Chico Novarro, compositeur et interprète de son état, qui le dit on est bien obligé de le croire. Après tout, on est en Argentine et le tango c’est sacré. Un boxeur dans un tango, il fallait le faire et le bonhomme se devait d’avoir quelque chose de spécial pour mériter pareille distinction. Voyage dans le temps.

(suite…)

Nicolino Locche: el intocable

Publié: 10 novembre 2009 par Nicolas Zeisler dans C'est notre pote
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Une des gloires de la boxe argentine au palmarès impressionnant de 103 victoires (14 par K.O.), 4 défaites et 1 no decision.

Nicolino Locche fit le bonheur des aficionados de boxe grâce à ses esquives inimitables et chaplinesques: pour toujours « intocable » (intouchable)