Articles Tagués ‘Hemingway’

hemingway-boxing

Ernest Hemingway naît le 21 juillet 1899. Sur les larges pelouses d’Oak Park, l’enfant se découvre homme. Truites, volailles, jeunes indiennes, rien ni personne n’échappe à son appétit vorace.

À l’âge des premiers poils sur le torse, il pousse la porte d’un gymnase de Chicago pour un premier round sanglant avec voyage au tapis et nez cassé. Le bourreau ? Young A’Hearn, poids moyen de qualité et exécutant d’un plan peu scrupuleux visant à rosser les jeunes amateurs pour empocher les droits d’inscription en les dégoûtant de revenir. Le lendemain, Ernest se présente à nouveau, un gros bandage sur le nez. (suite…)

Publicités

141 portraits x 2. Un cliché pris avant, l’autre après. Entre les deux, un combat pendant lequel ils ont donné et reçu des coups. Le photographe danois Nicolai Howalt jette un voile pudique sur cette violence qu’on devine aux traces de sang qui apparaissent parfois sur les faces des jeunes boxeurs.

Cela dit, la différence entre les deux portraits relève moins de la blessure que de l’extrême relâchement qui caractérise les expressions de ceux qui viennent de descendre du ring. Victoire ou défaite, la tension est retombée et les regards sont hallucinés, quasi extatiques.

UN RITE DE PASSAGE

Les modèles sont de jeunes boxeurs amateurs avec peu d’expérience. Certains disputent leur premier combat. La tension des clichés d’avant-match révèlent leur nervosité. On sent – ils sentent – qu’ils s’apprêtent à vivre une expérience qui les changera à tout jamais.

Lorsqu’il commente son travail, Nicolai Howalt cite religieusement Ernest Hemingway, celui qui a le mieux saisi la dimension « rite de passage » du noble art. C’est en apprenant à encaisser les coups – dans la vie comme sur le ring – sans s’effondrer ni paniquer que l’on devient un homme. (suite…)

Et le courage dans tout ça ?

Publié: 12 décembre 2009 par Nicolas Zeisler dans On se cultive
Tags:, , , ,

Dans Mort dans l’après-midi, ouvrage dans lequel Hemingway compile son savoir sur les courses de taureaux, il s’arrête un moment sur la notion de courage.

Si les qualités morales ont des odeurs, le courage a pour moi celle du cuir fumé, ou d’une route glacée, ou l’odeur de la mer quand le vent fauche la crête d’une vague.

Monter sur le ring et pénétrer dans l’arène sont deux activités qui se rejoignent car elles mettent en jeu l’intégrité physique de leurs protagonistes.

(suite…)

Du succès des boxeurs auprès des dames

Publié: 31 octobre 2009 par Nicolas Zeisler dans On se cultive
Tags:, , ,

« En avoir ou pas ? » voilà la question qui taraude l’œuvre d’Hemingway. A cet égard il est amusant de noter l’utilisation systématique du terme espagnol « testículos », jugé plus énergique et associé aux corridas de taureaux.

Chez Hemingway le courage physique prime, offrant à ses hérauts l’admiration des hommes et le succès auprès des femmes. Dans le Torento Star Weekley du 27 octobre 1923, il explique qu’aucun mari ne peut rivaliser avec un torero ; s’il existe des femmes fidèles c’est bien parce que :

Premièrement le nombre de toreros est restreint, et, deuxièmement, le nombre de femmes mariées ayant assisté à une corrida est lui aussi restreint.

(suite…)