Articles Tagués ‘Etats Unis’

Jack-Johnson

Boxe et politique aux Etats-Unis de Jack Johnson à Mohamed Ali (1897-1974).

La boxe est plus qu’un simple combat : c’est une époque, un mouvement historique, le croisement entre la petite et la grande histoire. Elle se distingue des autres sports en mettant en jeu l’intégrité physique de ses protagonistes. L’humiliation de la défaite est terrible : le vaincu est marqué dans sa chair et dans son âme. Il a déçu les attentes du groupe, de la classe, de la communauté qu’il représentait gants aux poings. Sur le ring ou en dehors, portée par des boxeurs engagés ou se manifestant à leur insu, la politique n’est jamais loin. Voyage en Amérique sur les traces de Jack Johnson, Harry Wills, Joe Louis et Mohamed Ali.

JACK JOHNSON, CROQUEUR DE MYTHE

En 1897, John Arthur Johnson, dit Jack Johnson, dispute dans un quasi anonymat son premier combat professionnel. Comme d’autres athlètes afro-américains, il tente de percer à une époque encore marquée par les stigmates de l’esclavage. Ils seront des précurseurs dans le combat pour la cause noire, à leur corps défendant parfois. Pour la communauté noire du début du vingtième siècle, le sport est en effet l’une des toutes premières voies par lesquelles exister, l’un des premiers modes d’expression et de manifestation aux yeux des Blancs. Paradoxalement, le sport – et en particulier la boxe qui installe une domination physique -, est aussi l’un des berceaux du racisme aux États-Unis, parce qu’il survalorise les qualités du vainqueur et suscite la haine de l’adversaire.

C’est l’histoire de Jack Johnson, premier boxeur noir à ébranler le mythe de la supériorité de l’homme blanc. (suite…)

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Mike Sarko

Publié: 18 décembre 2012 par Nicolas Zeisler dans On s'en branle
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Mike_Sarko

Le visage du Massachussets qui se lève tôt.

Une source d’inspiration pour Nicolas. Immigré d’origine grecque, membre respecté de la petite communauté semi-urbaine de Lawrence, Massachussets, Mike Sarko incarne à merveille le struggle for life cher à nos cousins américains.

Foin de la Grande Dépression, l’autre Sarko a disputé la bagatelle de 84 combats et de 574 rounds. Même si ses 44 défaites pour seulement 28 victoires (dont 8 par K-O) et 8 nuls nous rappellent que boxer plus n’est pas toujours synonyme de gagner plus…

NZ

Portraits croisés de Jack Johnson, Harry Wills et Joe Louis, à l’époque de la ségrégation aux Etats-Unis.

I. Jack Johnson : l’ « impardonnable » couleur du premier champion du siècle

II. Harry Wills (1889-1958) Vivre, combattre – et mourir, à l’ombre de la barrière de couleur

« Une grande ombre dressée s’est extirpée de l’impénétrable nuage de brume d’une nuit sombre sur Brooklyn, pour entrer sur l’arène de lumière, le ring de boxe. Elle est retournée en un court instant à ses ténèbres, à l’horizontale cette fois. Cette ombre, c’était le fantôme de la renommée d’Harry Wills, boxeur poids lourds, autrefois manutentionnaire noir, aujourd’hui rentier. » Time Magazine, 1927

Harry Wills, l’homme qui rentra dans l’histoire comme celui qui s’y arrêta au seuil, la faute à ce combat qui n’eut jamais lieu contre Jack Dempsey, champion du monde poids lourds durant les folles années vingt, et qui lui refusa cette « chance pour le titre » auquel le meilleur boxeur de sa génération aurait eu le droit, s’il n’était né noir et américain. Car après les tribulations de Jack Johnson, « l’homme le plus haï des Etats-Unis », la barrière de couleur s’est brutalement refermée sur tous les boxeurs noirs, inamovible pendant deux décennies. Harry Wills, celui qui aurait éventuellement pu être champion du monde. Wrong time, wrong race ! (suite…)

Portraits croisés de Jack Johnson, Harry Wills et Joe Louis, à l’époque de la ségrégation aux Etats-Unis.

I . Jack Johnson ; l’ « impardonnable » couleur du premier champion du siècle

C’est à Reno, petite station minière, poussiéreuse et crapuleuse du Nevada que Jack Johnson est entré dans l’histoire.

Le 4 juillet 1910, jour de la célébration de l’Indépendance américaine, les Etats-Unis ont les yeux braqués sur cette petite bourgade industrieuse et sale de 15 000 habitants, connue dans toute l’Amérique puritaine pour ses maisons de jeu et de vice. C’est la seule cité américaine à avoir accepté que se déroule le combat le plus controversé et le plus attendu de toute l’histoire de la boxe : Jim Jeffries, icône américaine, ancien Champion du Monde poids lourds, remet les gants pour châtier Jack Johnson, un « negro », un « black coon », détenteur du titre depuis sa victoire en Australie contre Tommy Burns, le 31 décembre 1909.

(suite…)


Luis Rodriguez quitte sa province natale de Oaxaca pour tenter sa chance de l’autre côté du Rio Grande. Son rêve : devenir champion du monde de boxe.