Foreman parle d’Ali et de « Rumble in the Jungle » – 3/3

Publié: 10 août 2012 par Nicolas Zeisler dans Old school
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Un entretien réalisé par Helmut Sorge et tiré du livre Greatest of all time, éditions Taschen, 2003.

Foreman parle d’Ali et de « Rumble in the Jungle » – 1/3

Foreman parle d’Ali et de « Rumble in the Jungle » – 2/3

Diriez-vous qu’il vous a battu physiquement et mentalement ?

Physiquement, je me suis fait tabasser. Une, deux, boum. Fin de la discussion. Bien entendu, une fois le combat terminé, on cherche des excuses. Les cordes étaient trop lâches. Le tapis n’était pas bien tendu. On a mis des trucs dans la bouffe. Mais à quoi ça rime ? Pure jalousie. Il était grand, voilà tout. On ne pouvait pas le terrasser physiquement. Alors les gens on essayé de ternir son succès.

Quelle importance revêtait pour vous la couronne mondiale des poids lourds ?

Quand je l’ai perdu, c’était comme si j’avais perdu la virilité, ma masculinité, mon identité.

Votre identité ?

Bon, d’accord, le sens de moi-même. Quelque chose se passe quand l’arbitre soulève votre bras et dit : « Champion du monde ! » Cela vous transforme spirituellement. Vous grandissez dans le rôle du champion du monde, sachant que vous êtes l’homme le plus coriace, le plus fort du monde. Le champion. Le chef. Ca flatte votre vanité. Puis, soudain, on vous enlève le titre. Et les mêmes personnes, qui vous craignaient et vous respectaient, se mettent tout d’un coup à vous plaindre. « Pauvre George« , disent-ils pour vous consoler. « Ne t’en fais pas, un jour tu récupéreras ton titre« . Je me sentais détruit, émasculé.

En entrant sur le ring, le sentiment de mener un combat pour votre Dieu, à l’instar d’Ali qui était manifestement en mission pour Allah, vous a-t-il effleuré ?

Non. Le travail de Dieu se fait sans l’aide des boxeurs. La boxe était mon métier. Point. Je devais gagner de l’argent, j’avais dix gosses à charge. Je me suis tourné vers Dieu pour autre chose, pour mon salut spirituel.

En côtoyant Ali, n’avez-vous jamais essayé de le ramener au bercail chrétien ?

Bien entendu. Je lui ai donné des livres sur Jésus en l’encourageant à les lire. Mais un jour, il m’a demandé de le laisser en paix. Il disait que si Dieu avait voulu qu’il soit chrétien, il lui aurait montré la voie.

Quelle importance a eu Mohamed Ali dans votre vie ?

Mohamed Ali fait partie de ma vie. Je me souviens des soirées passées à prêcher au coin de la rue. J’avais les cheveux très courts, et personne ne me reconnaissait. Tout le monde m’ignorait jusqu’à ce que je crie : « Frères, soeurs, écoutez-moi, écoutez l’homme qui a boxé contre Mohamed Ali. » Et soudain, tout le monde tendait l’oreille. Les gens m’écoutaient pendant des heures. « Racontez-nous, disaient-ils, parlez-nous d’Ali« . Et je prêchais et je racontais des histoires de boxe. Ali était la clé, le sésame qui ouvrait toutes les portes.

Qu’est-ce qui le différenciait tellement des autres boxeurs ?

Mohamed n’a jamais été le meilleur boxeur. Mais il a été la plus formidable personne à jamais boxer. Il n’imitait personne. Il était lui-même. Encore aujourd’hui, s’il n’a que dix dollars et que quelqu’un lui demande dix dollars, il les lui donne immédiatement. C’est cette formidable générosité qui le distingue des autres. Bien sûr, il a souvent pesté contre les Blancs et les Noirs, divaguer sur leurs différences et la fin de la civilisation telle que nous la connaissons maintenant. Mais il est clair qu’il aime tout le monde, sans distinction de couleur de peau.

Si Ali n’est pas le plus grand boxeur de tous les temps, alors qui ?

Rocky Marciano et Joe Louis étaient de grands boxeurs, mais Ali est plus que cela. Si vous le considérez uniquement comme boxeur, vous ratez l’essentiel. C’est une des personnes les plus remarquables que j’ai eu l’occasion de rencontrer.

Vous parlez comme si vous aviez opéré une transition entre quelqu’un qui haïssait Ali et un fan inconditionnel.

Non, je ne suis pas un fan. Après tout, je reste trop jaloux de lui pour cela. Mais le monde est meilleur grâce à lui. Je me souviens d’un monde avant Ali, où les gens qui avaient sa maladie se cachaient. Je me souviens des Afro-américains et de leurs sentiments d’insécurité et d’infériorité. Et je vois Ali et je l’entends dire « Je suis le plus beau », et « Vous êtes tous beaux. Grâce à Ali, « black is beautiful ». Non, je ne suis pas un fan, je ne fais qu’aimer ce type.

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