John Joe Nevin : un Irlandais à Paris

Publié: 12 janvier 2011 par CULTUREBOXE dans C'est notre pote
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Fort de ses deux victoires en autant de combats dans les WSB, John Joe Nevin se prend à rêver d’une deuxième qualification pour les jeux olympiques. Dur au mal, travailleur, l’Irlandais du Paris United sera l’un des atouts maître de son équipe face au Milano Thunder, le 14 janvier à la Halle Carpentier, dans un match pour la suprématie dans la conférence européenne.

Le souvenir est lointain, mais encore vivace. Pékin, 2008, à seulement 18 ans l’enfant de Mullingar, à 70 km de Dublin, a devancé les attentes de ses entraîneurs en obtenant son billet pour les J.O. « J’y suis allé pour l’expérience, ils m’ont bien fait comprendre de ne pas me faire d’illusions » se souvient-il. « J’étais programmé pour Londres en 2012 ».

Eliminé dès le 2e tour, le jeune Nevin paye son manque d’expérience et retourne au pays plein de regrets, mais avec un objectif en tête. « Là-bas, tout était nouveau et merveilleux pour moi, j’étais comme un enfant au village olympique ». Le strass, les paillettes, comme on dit, pas évident à gérer à 18 ans ; l’humilité aussi, que seules les défaites apprennent : « je me croyais trop fort, je me voyais battre n’importe qui ».

Les erreurs de jeunesse, John Nevin les a laissées derrière lui. « Aujourd’hui je suis un homme, je ne ferai pas deux fois les mêmes fautes», assène-t-il. S’il se qualifie pour Londres dans deux ans, celui qui arbore fièrement les anneaux olympiques tatoués sur le bras gauche, se rêve en médaillé, avant d’envisager une vraie carrière chez les pros.

Hargneux sur les rings, John Joe reste à distance respectueuse quand il évoque sa vie. A 21 ans, l’espoir irlandais est aujourd’hui père d’un petit Martin depuis 4 mois. Après des débuts difficiles et « des nuits sans sommeil », il s’est imposé en chef de famille à l’ancienne : « je laisse à ma femme le soin de changer les couches. En Irlande tu te fais tuer si on apprend que tu fais ça » plaisante-t-il. Le temps de l’adolescence est déjà loin. Ces années passées à enchaîner les combats, loin des bancs de l’école qu’il a quitté dès 13 ans pour rejoindre l’équipe nationale irlandaise.

8 ans, déjà prêt au combat.

Mais le jeune garçon vit sa révélation encore plus jeune, à 7 ans. Les yeux brillants, le gamin regarde son cousin enchaîner les rounds, fasciné par l’ambiance. « Ca a duré trois heures et pendant tout ce temps, je tapais sur l’épaule de mon père « je veux boxer, je veux boxer ! ». Excédé, Nevin senior abandonne et inscrit son fils au Cavan Boxing Club. En y repensant, le visage de John Joe s’éclaire de la même émotion d’enfant qui rappelle qu’il n’est encore qu’un jeune homme.

Seulement un an plus tard, l’enfant boxeur bande ses mains, prêt à combattre pour la première fois. Ce jour-là, c’est un adversaire de quatre ans son aîné qui lui fait face, « une tête et six kilos de plus que moi » se souvient-il. « J’ai perdu mais lui sait qu’il ne m’a pas touché. J’ai dansé autour de lui pendant trois rounds ». Des incohérences qui poussent son père à lui interdire de retourner au gym pendant … deux jours. L’envie et la détermination de l’enfant ont rapidement raison des réticences d’un père, aujourd’hui devenu son premier fan.

Enfin plus patient, plus appliqué, le jeune irlandais a su s’adapter au style de boxe à la française : « en Irlande, c’est l’agressivité qui prime. Ici, tu te bats avec ta tête ». En même temps qu’il tire profit de sa très grande expérience en amateur : près de 200 combats derrière lui, dont 160 victoires. « Lève tes mains, lève tes mains » lui crie-t-on du coin. Mais quand les coups pleuvent, John Nevin retrouve tout son tempérament irlandais. Une attitude de guerrier, tout en mouvement, à la fois intrépide et provocatrice qui lui fait parfois s’exposer dangereusement.

Avec déjà deux victoires en autant de combats, John Nevin s’est imposé au Paris United et est aujourd’hui classé troisième dans la catégorie des coqs, derrière son compère français Nordine Oubaali. A quelques heures d’une opposition décisive face aux italiens du Milano Thunder, John Joe Nevin sait l’importance d’ouvrir la voie vers la première place de la conférence européenne à ses partenaires. Mais avant, c’est un défi bien plus commun qui attend John Joe : « j’ai pris 4 kilos en Irlande avec Noël, il va falloir faire fondre tout ca très vite ».

Jean-Charles BARES (jean.charles.bares@gmail.com)

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