Voyage à Cuba II : Coach Alberto et le gymnase/salon

Publié: 15 avril 2010 par Nicolas Zeisler dans On y était
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La Habana, juin 2009

Coach Alberto

Enfin, débarque « Coach » Alberto. Les enfants s’agitent, l’entraînement commence. Je demande au boss s’il y a moyen de moyenner une petite session personnalisée.

Tope là papa, Alberto s’occupera de  moi après les petits. Mon cousin décline poliment l’invitation. On regagne notre banc.

Alberto, massif comme un roc, surveille attentivement ses élèves. A vue d’oeil, ils ont 10-11 ans.  Pas de retrait, esquives, jabs, crochets, uppercuts, pas de doute les fondamentaux sont maîtrisés. C’est leur routine quotidienne qu’ils déroulent devant nous.

Point d’orgue de la séance : le ring. On ouvre grand nos yeux pendant que les gamins tournent : celui qui remporte le round reste sur le quadrilatère et affronte un nouvel adversaire. Alberto la Science désigne vainqueurs et perdants.

Pour finir en beauté, les enfants-boxeurs sont envoyés se faire les jambes sur les marches défoncées des tribunes. Je penserai à eux en m’infligeant celles de Montmartre, de retour à Paris, quelques mois plus tard.

Le soleil se couche, je commence mon échauffement. Malgré ma tenue légère, je comprends vite la souffrance du gros (cf. Voyage à Cuba I). Shadow, corde, l’arène se vide.

Je monte sur le ring, Alberto enfile les pattes d’ours. Pif paf pouf, il est 8h du soir et ça claque encore. Le coach cubain est un virtuose qui me laisse deviner ce que pourrait être une boxe plus fine, déliée.

Au pied du ring, mon cousin défie Alberto Jr, 10 printemps au compteur, au football et sauve l’honneur national : malgré le règne de Raymond Domenech, ce n’est pas demain la veille que les cubains nous doseront balle au pied ! Toujours ça de gagné…

La séance se termine. On décide de se retrouver le lendemain, chez le coach. La gardienne des lieux râle : elle ferme plus tard à cause de nous. Et puis les cubains n’ont pas le droit d’entraîner les étrangers. Quelques dollars plus tard, la crise diplomatique est évitée.

Le gymnase d’Alberto

Le lendemain, dernier jour sur l’île. Mon cousin est reparti aux aurores et mon avion pour Mexico décolle en fin d’après-midi.

A 10h pétantes, bibi est au RDV, chaud comme une baraque à frites. Manque de bol, les médecins sont, eux aussi, dans la place pour ausculter tout le quartier, grippe A oblige. Je tais mon domicile mexicain et échappe de peu à la piqûre.

A 11h la voie est libre. Alberto me fait monter chez lui. A Cuba, il en faut peu pour faire un gymnase : nous poussons meubles et canapé dans les coins, il me tend une corde et l’entraînement commence.

Alberto Jr nie toujours sa défaite footballistique de la veille et tricote un jeux vidéo du siècle dernier sur la TV du salon/gymnase pendant que je sue à grosses gouttes.

1h30 plus tard, je quitte les Alberto, rincé mais heureux. Le coach conclut :

« dommage que tu restes pas plus longtemps ; si tu reviens, en deux semaines, je te change ta boxe ».

Chiche !

J’attrape un inquiétant bus soviétique, récupère mes affaires, taxi, aéroport…

Adieu Cuba, bonjour Mexico.

nicolas@zeisler.fr

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